"On ne trouve rien"... et pourtant tu souffres.

Des radios normales. Des scanners normaux. Des analyses de sang normales.

Et pourtant, vous souffrez. À un endroit précis, ici ou là, parfois partout... Et cela peut durer des mois, voire des années. Vous avez vu des spécialistes, passé tous les examens, et à chaque fois, on vous répond la même chose : on ne trouve rien.

Si c'a été votre expérience, laissez-moi être très clair : "On ne trouve rien" ne veut pas dire que c'est imaginaire. Cela ne signifie pas que vous exagérez. Et cela ne signifie surtout pas qu'on ne peut rien faire.

Notre compréhension de la douleur a beaucoup évolué au cours des dernières décennies. La douleur n'est pas simplement le signal qu'une lésion physique est présente. C'est une interprétation faite par le cerveau, une décision même. Et lorsque le cerveau a été soumis à un stress prolongé, il peut devenir hypersensible, interprétant comme dangereux des signaux qui normalement ne seraient pas perçus comme douloureux. Donc, il n'y a pas de lésion visible, mais la douleur est très réelle.

Si vous me lisez depuis un moment, vous savez que le stress chronique ne se limite pas au cerveau. Il déclenche une cascade de réponses physiques que la plupart d'entre nous n'associent pas au stress : inflammation, tension musculaire élevée et seuil de douleur abaissé. Certaines zones du corps ont tendance à accumuler cette tension : la mâchoire, les hanches, le plancher pelvien, les épaules. Ces zones sont toutes interconnectées, ce qui explique pourquoi traiter l'une d'elles semble parfois déplacer la douleur ailleurs.

Souvent, la personne qui souffre ne se sent pas particulièrement stressée. Si vous vous souvenez de notre pauvre grenouille d'il y a deux semaines, nous avons vu comment le stress peut devenir un bruit de fond, et comment il cesse tout simplement d'être perceptible.

Le corps, lui, enregistre tout.

Je sais à quel point il est frustrant d'entendre « on ne trouve rien ». J'ai traversé cette épreuve, j'ai même souhaité avoir le poignet cassé pour que les médecins ne puissent plus nier ma douleur et qu'une prise en charge soit enfin possible.

Mais il y a un côté positif : si le problème réside dans le système nerveux plutôt que dans les tissus, cela signifie qu'aucune structure n'est endommagée. Et le système nerveux peut être retravaillé. Beaucoup de médecins ne savent pas comment traiter ce qui n'apparaît pas sur les images, mais c'est précisément là que le yoga thérapeutique fait ses preuves.

L'approche que j'utilise est à l'opposé de la logique qui consiste à forcer à traverser la douleur. Il s'agit de créer un ressenti de sécurité dans le corps : une respiration lente, un mouvement doux et conscient, un relâchement musculaire intentionnel. Une façon de dire au cerveau : « Ça va, tu es en sécurité, tu n'as pas besoin de continuer à envoyer de signaux d'alarme. »

Si vous souhaitez vous engager sur cette voie, voici une petite pratique que vous pouvez essayer ce soir : allongez-vous pendant 5 minutes, posez une main sur votre ventre et prenez quelques respirations lentes et faciles. Ensuite, effectuez un balayage lent de votre corps. Où retenez-vous de la tension en ce moment ? Mâchoire, épaules, ventre, hanches ? Ne cherchez pas à « réparer » quoi que ce soit. Simplement observer.

Cela ne semble pas grand-chose, mais c'est le premier pas. Dire à votre corps : Je vous écoute.

Et pour un véritable protocole thérapeutique, vous savez où me trouver :)

Clem